Tractations à Bercy sur la baisse des prix du carburants

Les tractations sur la baisse des prix des carburants promise par le gouvernement devaient démarrer lundi à Bercy, les associations de consommateurs posant leurs exigences à la veille d’une réunion avec des pétroliers et distributeurs eux-même divisés sur l’effort à fournir.

Le ministre de l’Economie Pierre Moscovici et son collègue Benoît Hamon (Consommation) recevront dans l’après-midi les principales organisations de défense des consommateurs, avant de négocier le lendemain avec les pétroliers et distributeurs de carburant la mise en oeuvre de la baisse promise par le gouvernement. Les relevés hebdomadaires des prix à la pompe pour la semaine dernière seront publiés lundi en fin de journée, alors qu’ils frôlent depuis plusieurs semaines leurs records de mars et avril (près de 1,46 euro le litre de gazole, près de 1,67 euro pour le SP95).

Alors que l’opinion doute de la capacité du gouvernement à faire diminuer les prix à la pompe, Pierre Moscovici a assuré samedi qu’ils reculeraient dès cette semaine grâce à un « effort partagé » avec les industriels. Il devrait réclamer mardi à ces derniers de faire un geste en baissant leurs tarifs de quelques centimes, en attendant que la baisse de taxe envisagée par le gouvernement, de même ampleur, soit appliquée. Cette baisse de la fiscalité a été finalement préférée par le gouvernement au blocage des prix promis par François Hollande, qui s’avérait trop compliqué à instaurer. Avant même d’être reçues à Bercy, les associations de consommateurs ont mis la pression sur le gouvernement. « Il faut autre chose que des mesures de surface », a dit à l’AFP Alain Bazot, président de l’UFC-Que choisir, tandis que le délégué général de la CLCV Thierry Saniez réclamait « la baisse la plus significative possible et surtout un système pérenne ».

De son côté, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) a estimé que la baisse de taxe envisagée était « une mesure coûteuse », qui n’aurait qu’un « effet marginal » sur les prix, et a réclamé des mesures de fond pour « réduire progressivement la dépendance automobile ». Les professionnels divisés La réunion mardi avec les industriels, à l’issue de laquelle M. Moscovici (invité ce jour-là du 20 heures de TF1) devrait dévoiler les détails de la baisse des prix, s’annonce tendue, les dissensions s’étalant au grand jour entre les principaux distributeurs de carburants (enseignes de grande distribution et compagnies pétrolières) quant à l’effort qu’ils pourraient consentir.