Transactions financières : La taxe ne sera pas facile à appliquer

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Le projet de créer une taxe sur les transactions financières a déjà provoqué une belle polémique politique. Sur le plan technique, est-il possible d’instaurer une telle taxe ?


En politique, tout est possible. Sur le terrain c’est une autre histoire. Le projet de taxe sur les transactions financières est vieux comme le monde. L’invention de la taxe, date de 1972. Et son inventeur est un économiste américain qui s’appelle James Tobin, prix Nobel d’économie en 1981. Son idée, était de percevoir une taxe très faible, 0,05% environ, sur l’ensemble des transactions financières dans le monde. Et comme ces transactions financières sont gigantesques, le rendement de cette taxe aurait été énorme et elle aurait permis de financer l’aide aux pays les plus pauvres. C’était simple et généreux. Avec le temps, ce beau projet est devenu un outil de combat politique pour les altermondialistes puis pour tous ceux qui voulaient lutter contre la mondialisation financière. Bref, l’idée s’est très bien vendue. Et tous les occidentaux l’ont reprise.

Une taxe difficile à a appliquer

Le problème, c’est qu’elle est très difficile à appliquer. D’une part, il faut qu’elle s’applique au monde entier. D’autre part, il faut une gouvernance capable d’en fixer le taux et décider de sa redistribution. Au niveau du monde, tout cela est impossible à régler. A la rigueur, on pourrait l’envisager au niveau de l’Europe s’il y avait un gouvernement européen. La France seule pourra toujours appliquer une nouvelle taxe sur les banques française, mais ça ne servira à rien. Les banquiers qui traversent aujourd’hui des difficultés l’ont d’ailleurs bien compris. Baudouin Prot le PDG de la BNP ne décolère pas.

Pourquoi annoncer une réforme qui soulève tellement de difficultés ?

Henri Guano fait de la politique. Cette idée passe bien dans l’opinion. Sans parler que la France n’a pas abandonné l’idée de convaincre ses partenaires. Mais il y a aussi une autre raison. Le Président de la République est sans doute lancé dans une course contre la montre avec les agences de notation. On s’attend à la dégradation de la note française. Elle est annoncée. Elle n’aura aucun impact, hormis l’impact politique et le Président fait tout pour l’éviter.