Trois scénarios pour une Europe nouvelle

L’Édito de Jean-Marc Sylvestre. En ce début de semaine, les marchés sont beaucoup mieux orientés. Ils spéculent sur des solutions capables de résoudre la crise de la dette. Qu’en est-il des réformes ?

Pour la première fois, je crois les responsables politiques et notamment français et allemands. Ils ont semble-t-il, pris le problème par le bon bout. On n’attend plus de solutions miracles de la BCE ou du FESF qui de toute façon, n’aura pas les moyens de jouer les pompiers. Tout comme le FMI d’ailleurs. Depuis deux semaines environ, on s’est convaincu d’accepter des réformes de fond pour mutualiser  les dettes et les risques en Europe et coordonner les politiques budgétaires et fiscales, c’est-à-dire valider les budgets avant de les voter.  Mais aussi, appliquer la règle d’or et mettre en place un système de sanctions pour non-respect des engagements. Enfin,  utiliser enfin la banque centrale comme banquier en dernier ressort.  Moyennant quoi il n’y aura plus de problème dans la zone euro et les taux d’intérêt retomberont parce que les préteurs auront confiance.

Pour y parvenir, trois scénarios

-Le premier, c’est de rédiger un nouveau traité. Ce sera long parce que chaque pays adhérents devra l’approuver.

-Le deuxième, c’est de constituer une Europe restreinte aux pays triple AAA plus l’Italie. Ca peut s’organiser très vite mais on laisse sur le carreau les autres.

-Troisième scénario, on signe des pactes de solidarité gouvernementale. Le projet le plus abouti, c’est un pacte entre l’Allemagne, la France et l’Italie.

L’idée c’est toujours de mutualiser les dettes et d’avoir des blocs de pays homogènes pour inspirer confiance. Tous ces scénarios aboutissent à créer une Europe à deux vitesses et posent des difficultés. D’abord, personne ne sait ce que deviendront  dans ce cas-là, les pays qui n’appartiendront pas au noyau dur. Ensuite, beaucoup diront qu’il s’agit d’un abandon de souveraineté budgétaire et fiscale. C’est vrai mais actuellement la souveraineté est abandonnée au profit des marchés. Cette évolution est  inéluctable.

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