Une page se tourne dans la crise européenne.

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Les chefs d’États et de gouvernements se sont quittés plutôt optimiste vendredi après-midi à Bruxelles. Contrairement à l’habitude, cette réunion ne s’est pas terminée dans le drame. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont même affirmé que l’Europe était sortie de la crise. Ont-ils raison ?

Oui et non. Une page est tournée, mais on n’est pas tiré d’affaires pour autant. Il fallait sécuriser la zone euro, c’est fait. Les mouvements spéculatifs ont été étouffés et les taux d’intérêt n’ont pas explosé. Enfin pour s’assurer contre les incendies on a créé le MES : Une sorte de FMI européen et on a laissé à la BCE, la liberté d’inonder l’Europe de crédit facile. Ensuite, on a adopté le fameux pacte budgétaire qui impose à tous une discipline rigoureuse dans la gestion des dépenses publiques. Ce pacte ne sera pas adoubé par tous. La Grande-Bretagne, par exemple, va rester à l’écart.et l’Irlande demande un referendum. Mais la majorité des pays membres l’acceptera même en cas de changement de majorité. En d’autres termes, si François Hollande est élu, il ne pourra pas revenir sur cette réforme.

La surprise allemande

Tout cela impose des mécanismes de croissance. Les chefs d’État en sont conscients y compris les Allemands. Mais la croissance et l’activité ça ne se décrètent pas. Surtout que l’on ne peut plus relancer l’économie par de l’argent public. On a  besoin de mécanismes qui dopent le secteur privé, et besoin d’une plus grande solidarité. C’est-à-dire, d’une plus grande contribution de ceux qui en ont les moyens. A savoir l’Allemagne. On pourrait dans les semaines qui viennent avoir la surprise d’une Allemagne plus solidaire. Angela Merkel travaille sa majorité dans ce sens.

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