USA/Europe : Le piège de la dette se referme

Fin de semaine difficile à la fois aux États-Unis et en Europe ou le piège de la dette se resserre. On commence par les États-Unis.

Aux États-Unis, le problème est très simple. Barack Obama ne réussit pas à obtenir l’autorisation des républicains de dépasser le plafond de dettes autorisées. Les Américains  doivent trouver de l’argent au près des préteurs étrangers, mais le gouvernement ne peut pas juridiquement dépasser le montant de 14 300 milliards de dollars sans une autorisation politique.

Ce plafond sera atteint le 2 aout, ce qui veut dire qu’il sera obligé d’arrêter de payer certains salaires ou certaines retraites. Plus grave, les agences de notations vont dégrader le risque américains ce qui veut dire que les taux d’intérêt vont augmenter.

Le problème est purement politique. Nous sommes en campagne électorale. Barack Obama est populaire et les républicains n’ont pas d’autres armes que de montrer à l’opinion la détérioration des finances publiques pour l’obliger à réduire les dépenses sociales notamment.

En Europe, toujours pas d accord … ?

Non mais les discussions vont bon train en coulisse entre la France et l’Allemagne. En France l’Elysée a constitué une cellule de crise autour de Xavier Muscat qui est relation permanente avec le ministre allemand des finances. On avance sur les solutions techniques et aujourd’hui la plupart des Européens sont d’accord pour organiser des plans de sauvetage qui mettraient à contribution à la fois les gouvernements et les créanciers privés.

Mais, on sait aussi qu’il faudra une initiative politique pour renforcer la cohésion européenne, aller vers plus de fédéralisme, une même politique budgétaire, une fiscalité harmonisée mais les  allemands sont fondamentalement opposés.

Donc vous avez en cette fin de semaine une conjonction d’événements, un blocage politique aux États-Unis, une cacophonie en Europe, vous avez aussi le résultats des stress tests qui vont sortir ce vendredi et qui vont révéler la fragilité d’une quinzaine de banques espagnoles et allemandes. Tout cela créer un climat très lourd pour l’économie réelle parce que derrière cette finance un peu folle vous avez des entreprises qui risquent de se mettre aux abris. Le risque de ralentissement économique est le plus grave. Parce que le ralentissement économique touche aux investissements, aux emplois, au pouvoir d’achat. Il faut se souvenir de ce qui s’est passé en 2008, la faillite de Lehmann Brother a provoqué une immense crise de confiance qui a entrainer une récession sévère en 2009 et 2010 dont on n’a pas fini de payer les conséquences.