Vers un plan Marshall pour relancer la croissance en Europe ?

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. La Chancelière Allemande se déclare prête à discuter d’un plan de soutien à la croissance mais pas à réviser le pacte budgétaire. Du coup, on parle déjà d’une sorte de plan Marshall pour l’Europe.

La majorité des dirigeants européens ont acquis la certitude que les plans d’austérité et de rigueur budgétaire ne permettront pas aux économies de se redresser. Tout le monde dit qu’il faudra faire quelque chose, mais personne ne sait quoi. Pour Angela Merkel, il n’y a pas de solutions miracles hormis celles qu’elle a appliqué avec succès chez elle : Le redressement des finances publiques et le désendettement des budgets. Sans marge, les investisseurs privés ne viendront pas. Mais si on désendette sans reformer, on asphyxie le système comme en Grèce, en Italie et en Espagne. Il faudrait donc donner un peu d’air à tous ces pays, mais ce n’est pas facile. La BCE en a donné, ça a permis de gagner du temps. Reste à trouver maintenant des leviers de croissance. D’où l’idée d’un « plan Marshall ».

Au lendemain de la guerre, les Américains ont déversé des tonnes de dollars en Europe pour financer la reconstruction. Il faudrait donc trouver des tonnes d’euros mais personne n’ en a ! On parle bien de mobiliser 200 milliards, mais ça ne suffira pas à faire repartir la croissance. Ce qu’il faut surtout, c’est initier de la croissance par des réformes de structures comme le fait l’Italie et l’Espagne et parallèlement,  alléger le fardeau de la dette dans chaque pays en décidant de ne pas en payer une partie. Problème, les banques et les épargnants vont souffrir. L’autre solution consiste à faire payer l’addition par ceux qui ont les moyens. Les seuls qui pourraient payer en Europe ce sont les Allemands. Tout cela, ce sont des choix politiques, ils ne sont pas faits.