Voix de Le Pen/Bayrou : L’équation idéologique est possible pour Sarkozy

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. La présence de Marine Le Pen en troisième position du premier tour bouleverse les anticipations pour le second tour. Est-ce que le Président-candidat va pouvoir parler aux électeurs de Marine Le Pen sans écarter ceux de François Bayrou ? Les deux programmes sont-ils conciliables ? La réponse est oui, voici comment.

Je vous l’accorde, il y a des points qui sont difficilement solubles entre Marine Le Pen et François Bayrou. Le nom de Marine Le Pen reste encore tabou dans beaucoup de milieux, mais certainement pas pour celui qui est au chômage, qui se fait racketter dans le métro deux fois par mois et qui ne trouve pas de logement. Pour celui là, la question des idéologies de Marine Le Pen ne le concerne guère. Les électeurs de Bayrou, comme ceux de Le Pen, ont surtout  infligé un avertissement à Nicolas Sarkozy.

Cet avertissement, les équipes de Nicolas Sarkozy en ont pris bonne note. A présent ils doivent résoudre une équation : capitaliser les voix du FN sans faire fuir les électeurs centristes. Ces électeurs là, peuvent se retrouver sur beaucoup de  thèmes en commun notamment dans le domaine économique et social :

Le premier de ces thèmes, c’est le « Produire Français ». En d’autres termes, récupérer en France un appareil industriel. François Bayrou en avait fait son cheval de bataille, Marine Le Pen aussi. Quant à Nicolas Sarkozy il avait démarré avec la TVA anti-délocalisation. Il faudra passer à la vitesse supérieure. Le second thème, c’est la réduction des dépenses de l’Etat. Sur ce point là, il n’y a pas de désaccord. C’est même ce qui marque la séparation entre la droite et la gauche. Le troisième thème, c’est le renforcement de l’Etat français : les fonctions régaliennes. Un Etat plus fort mais au périmètre réduit avec des régions plus autonomes. Enfin le quatrième thème, c’est l’énergie et la préservation du nucléaire, tous sont favorables à la poursuite de la filière nucléaire.

Cela dit, il y a des lignes de fractures fortes sur l’euro et l’Europe mais elles sont imputables à la crise. L’euro est considéré par les uns comme l’une des causes de la crise et par les autres comme le moyen d’affronter les difficultés mondiales. Ce qui exaspère les clivages et les haines, c’est l’absence de croissance. Le candidat qui réussira à sortir une équation crédible pour retrouver de la croissance gagnera cette élection.