Yann Duchesne / Fuite des capitaux « Ceux qui devaient partir sont déjà partis »

Directeur général de Doughty Hanson France, Yann Duchesne réagit à l’annonce des résultats et à l’élection de François Hollande.

Quelle sera la réaction des marchés financiers demain ?

Les marchés financiers ne vont pas s’effondrer demain, puisqu’ils étaient préparés. De plus en tant que Président de la République, François Hollande aura deux contraintes. L’une s’appelle Angela Merkel qui lui dira systématiquement « Nein » quand il lui posera une question. Il  sera donc un peu emmerdé par la chef suprême de l’Europe. La deuxième contrainte sera le marché obligataire. Lorsque François Hollande ne pourra pas réduire les dépenses publiques, comme cela va être le cas, les taux d’intérêts vont alors se tendre. Ils vont passer de 3% à 4,5%. Lorsqu’il sera à 4,5%, on sera alors dans la même situation catastrophique que la Grèce. Et comme cela est une situation inacceptable, François Hollande va être obligé de revenir en arrière. Je lui donne à peine deux semaines pour se rendre compte que son plan est inapplicable.

Que pensez-vous de son plan économique ?
Son programme économique ne tient pas du tout la route et ce n’était pas le but. Son but était d’aller à la pêche au vote. Bravo, il a gagné. Mais il ne va pas se passer grand-chose sur les marchés financiers, car François Hollande va très vite se rendre compte qu’il ne peut pas faire ce qu’il veut avec les marchés financiers. Il retournera sa veste comme il a l’habitude de le faire. Dans deux semaines, il redeviendra raisonnable et les Français se rendront compte que son programme ne valait rien.

Pensez-vous à une fuite des capitaux ?
Pas du tout. Ceux qui devaient partir sont déjà partis. Ils n’ont pas attendu le deuxième tour pour quitter le pays.

Quel message  adressez-vous au nouveau Président de la République ?
Je lui demanderais d’être intelligent, pragmatique et réaliste sur le plan économique. Et surtout, je lui demanderais d’écouter Jean-Pierre Jouyet, président des marchés financiers et proche du socialiste.

Par Audrey Mangin