Zone euro : L’Allemagne réclame plus de fédéralisme

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Les marchés commencent à se convaincre qu’il existe un plan sérieux de rééquilibrage de la zone euro et que ce plan est conçu par l’Allemagne. Une Allemagne qui est profondément agacée par le discours des français, lequel débouche sur aucune initiative concrète.  La semaine dernière, les dirigeants de la zone euro ont pris conscience que les banques espagnoles étaient au bord de la catastrophe. Elles avaient besoin de 50 milliards d’euro minimum pour ne pas sauter. Or, le gouvernement espagnol n’a pas un sou. Pire, il ne peut plus emprunter. A Bruxelles comme à Berlin on a fait pression pour que Madrid accepte un plan de sauvetage venant de l’extérieur. Le problème, c’est que personne en Europe n’est volontaire pour payer.

Angela Merkel a alors préconisé un plan d’ensemble qui mobilise le FESF. Le fonds de soutien devrait apporter entre 50 et 90 milliards aux Banques mais n’ayant pas d’argent, c’est  l’Allemagne qui prête. Le pays garantit donc le sauvetage de l’Espagne mais à condition d’avoir un droit de regard sur la gestion espagnole et une reforme des institutions. Ce qui ne parait pas anormal. L’Allemagne propose également de garantir une mutualisation des dettes, mais aussi une mutualisation des politiques budgétaires donc des politiques de croissance sous contrôle. L’Allemagne a déjà la semaine dernière expliqué comment on faire de la croissance en Europe. Cette semaine elle expliquera comment et à quel prix. C’est donc un plan d’ensemble qui sera proposé au sommet européen. Oui pour une politique de croissance, oui pour garantir les financements mais à condition d’organiser un budget fédéral. La France qui réclame une politique de croissance mais qui ne peut pas la payer, va se retrouver dans une position politique très compliquée à justifier.