Zone euro : Merci Moody’s !

Nicolas Sarkozy s’est rendu à Francfort pour rencontrer Angela Merkel, Jean-Claude Trichet et Christine Lagarde.

Les dirigeants sont obsédés par la crise de la dette, par la Grèce et surtout par la nécessite d’écrire  plan cohérent et solide pour sauver l’Euro. Les négociations étaient au point mort, mais il semblerait que tout ce soit accéléré depuis lundi. Grâce à qui ? A l’avertissement de l’agence de notation Moody’s qui a fait peur non seulement aux Français, mais aussi aux Allemands. Si les français sont dégrades, l’Europe entière sera dégradée.

A Francfort, on serait en train de discuter de trois ou quatre points importants.

– On serait d’accord pour reconnaitre que la Grèce ne pourra pas payer sa dette, donc il faut la sauver pour sauver l’euro.

– On pourrait renforcer les moyens du FESF. Il passerait de 440 milliards d’euros à un montant  entre 1000 et 2000 milliards d’euros. Mais pour augmenter les moyens sans augmenter les dettes, on parle aussi de transformer le fonds en banques, en société d’assurance ou encore un système de cautionnement. On commence enfin à avoir de l’imagination pour s’en sortir

– On serait en train de décider d’une décote de la dette grecque 40 ou 50%. Mais on ferait en sorte de ne pas abimer les banques pour ne pas avoir à les aider sur les fonds publiques. Car si on doit aider les banques, on risque la dégradation.

Le risque de Moody’s est tel, qu’il a fait bouger les chancelleries. Mais ajoutons qu’il a aussi modifié le discours et le comportement des hommes politiques. Tous les candidats de droite ou de gauche sont d’accord pour dire que l’on ne peut plus s’endetter. Les agences de notations, sanctionnent une situation, une évolution, mais ils sanctionnent aussi la crédibilité des hommes politiques à piloter le bateau. La campagne électorale va être spéciale : Plus question de dire n’importe quoi. Ça va changer la donne, enfin.